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vendredi 21 avril 2023

A Liège-Guillemins, le mur dans tous ses états

 

© Europa Expo © G. Bugni  
 

Avec l’exposition «Extra Muros, au-delà des murs», accueillie par Liège-Guillemins, Europa Expo invite le public jusqu'au 1er octobre 2023 à découvrir le mur dans tous ses états à travers des décors immersifs, interactifs et surprenants. De la muraille de Chine, au mur de Berlin en passant par le mur du son, «Extra Muros, au-delà des murs» offre une lecture originale du monde, à travers ses murs emblématiques.


Bénéficiant d’objets et d’œuvres d’art provenant de collections privées ainsi que d’institutions belges et étrangères, notamment le musée du Louvre, Europa Expo signe, une fois de plus, une exposition au statut international qui ne laissera pas indifférent.
 
Pourquoi les murs ? 
 
Alors qu’Europa-Expo consacre d’ordinaire ses expositions à des thématiques davantage historiques, artistiques ou citoyennes, l’exposition « Extra Muros, au-delà des murs » dont Philippe RAXHON, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Liège et romancier, assure le commissariat scientifique, cherche à sortir des sentiers battus, à aller « au-delà » des sujets limités à des évènements ou des personnalités et, pour ce faire, à oser, interpeller et susciter la réflexion !
 
© Filip SLOVAKEI

 
"De fait, depuis toujours et à travers le monde, les murs existent et font partie intégrante de nos sociétés. Cette thématique universelle, intemporelle et polysémique sera pour le visiteur une source d’émotions et de réflexions qui apportera une plus-value pédagogique évidente, notamment à destination du public scolaire, en laissant une trace pérenne à ses visiteurs au travers d’un catalogue permettant d’approfondir et de partager le parcours de la visite en aval. Aborder la question des murs, c’est relever le défi d’une thématique qui laisse la voie ouverte à une grande liberté d’approche. Dès lors, l’exposition entraine le visiteur au cœur de la diversité, de la réalité et de l’imaginaire des murs, dans leur histoire et leur mémoire ; c’est-à-dire la présence du passé qui nourrit nos représentations sur ce sujet.
 
Quelles sont les fonctions des murs ? Qu’est-ce que les murs disent de nous ? Quelles sont les représentations dont ils sont les porteurs ? Comment appréhender leur diversité ? Voilà quatre des questions qui ont dicté l’élaboration de la conception de cette exposition et de l’ouvrage qui l’illustre.
 
En effet, le thème des murs rend plus nécessaire que jamais un accompagnement explicatif intégrant aussi des développements qui n’ont pas été abordés dans le parcours pour des raisons matérielles tant la perspective est vaste et ouverte. De fait, le mot « mur » désigne un objet concret mais est aussi une métaphore à large déclinaison : ils nous protègent et nous enferment, ils nous accueillent et nous rejettent, ils nous dominent et permettent de nous exprimer, ils s’élèvent au-dessus de nous et nous élèvent, ils sont hors de nous et en nous. Alors qui sommes-nous, finalement, au pied de ces murs omniprésents ?
 
Par ailleurs, avec l’objectif de compléter l’immersion, un audioguide est mis à la disposition du visiteur. À l’instar de Carter qui nous accompagnait tout au long de l’exposition Toutankhamon, Hector, personnage fictif issu de la mythologie grecque, est chargé d’une mission : trouver le mur terrestre dont on dit qu’il est « infranchissable ». Dès lors, aux côtés d’Hector, le visiteur devra parcourir différents murs, tantôt de briques, tantôt de plantes, tantôt d’idéaux, à la recherche de celui que l’Homme n’a pas encore réussi à surmonter.
 
On ne peut se passer des murs et pourtant ils posent question. Au travers de cette exposition, donnons-leur la parole et écoutons-les afin de mieux les comprendre et ainsi tenter de nous comprendre nous-même." expliquent les organisateurs de l'évènement liégeois.
 
Un parcours de l'ombre à lumière
 
© Europa Expo © G. Bugni

« Extra Muros, au-delà des murs » aborde la thématique du mur selon trois aspects : les murs qui oppressent et enferment, les murs de mémoire et qui protègent et les murs qui expriment et libèrent. Cette expérience a pour vocation de comprendre les objectifs mais aussi les conséquences de ce type de construction sur les sociétés humaines passées, présentes et le cas échéant futures.
 
Des murs, mais pas seulement de briques
 
Au-delà des murs de pierres ou de briques, les murs sont partout, depuis toujours et même en nous. « Extra Muros, au-delà des murs » met en lumière ces différentes constructions dont nous n’avons pas toujours conscience.

Le point de départ évoque le mur de Planck, frontière entre le monde physique et le monde mathématique. Cette frontière est la limite du temps entre l'avant et l'après Big Bang sous la forme d’une « membrane » enfermée dans le cône d'espace- temps, qui contient tout l'univers bien que de taille encore plus petite que celle d'un atome.
Notre crâne, lui aussi, est un mur que l’homme a tenté de franchir depuis la préhistoire. Au travers d’une magnifique collection d’instruments, d’ossements et même de momies prêtées par le Dr Thierry Appelboom, directeur du Musée de la Médecine Bruxelles, le visiteur découvre les étonnantes techniques de manipulation utilisées par la médecine au fil de l’histoire dont l’objectif est de comprendre le cerveau et les maladies mentales.
« Extra Muros, au-delà des murs » met également en exergue les murs offerts par la nature qui participent à la richesse de notre environnement tels que la grande barrière de corail ou la grande muraille verte.

© Europa Expo © G. Bugni

 
Enfin, il existe des murs pour faire s’effondrer ceux qui séparent les Hommes. Alors, à l’instar du mur de rires réalisé par Nicolas Favreau en 2012 et exposé au musée du Louvre, les derniers murs auxquels sera confronté le visiteur seront composés de photos et de vidéos affichant des personnes atteintes de troubles mentaux au visage épanoui par le rire. « Rire ensemble et ne pas rire les uns des autres », telle est l’idée de ce projet non pas axé sur la différence, mais sur la ressemblance. Soulignons que ce mur a été réalisé en collaboration avec le Créahm dont l'objectif est de révéler et déployer des formes d'art produites par des personnes handicapées mentales.
 
Un parcours immersif et interactif 
 
Traverser un labyrinthe, entrevoir des bunkers le long du mur de l’Atlantique, taguer soi-même un mur, gravir un mur d’escalade ... autant d’étapes surprenantes d’un parcours spectaculaire, réalisé par les équipes d’Europa Expo, qui rend la visite d’« Extra Muros, au-delà des murs » totalement inédite, interactive et immersive. Cette année, une collaboration avec Hovertone a permis, grâce à ses nouvelles technologies, d’accroître l’expérience audiovisuelle du visiteur avec l’intégration du mapping vidéo au sein de deux des espaces de l’exposition : le street art et le mur d’escalade.
 
Avec l’exposition «Extra Muros, au-delà des murs», Europa Expo invite le public dès le 22 avril 2023 à découvrir le mur dans tous ses états à travers des décors immersifs, interactifs et surprenants. De la muraille de Chine, au mur de Berlin en passant par le mur du son, «Extra Muros, au-delà des murs» offre une lecture originale du monde, à travers ses murs emblématiques.

Bénéficiant d’objets et d’œuvres d’art provenant de collections privées ainsi que d’institutions belges et étrangères, notamment le musée du Louvre, Europa Expo signe, une fois de plus, une exposition au statut international qui ne laissera pas indifférent.
 
Informations pratiques
© Kurt OSTERREICH  

HORAIRES
Ouverture 7j/7 de 10h00 à 18h30 (dernières entrées à 17h00)
 
ADRESSE 
Espace d'exposition de Liège-Guillemins
 

 
 

lundi 10 avril 2023

L'Atomium et les arts numériques

L’Atomium invite le collectif d’artistes Visual System à investir ses espaces d’exposition et dédie sa programmation aux arts numériques. RESTART, une exposition temporaire, et CENTRALE, une installation pérenne, sculpteront l’Atomium de lumière et de son.
 

Depuis 2013, le lieu culturel qu’est aussi l’Atomium propose un regard sur la création numérique. Il offre régulièrement des cartes blanches à des artistes qui réalisent des univers immersifs dans la sphère des expositions. Ces propositions originales exploitent la magie des lieux et valorisent la richesse patrimoniale de l’édifice. En 2023, l’Atomium investira pleinement la question du numérique, consacrant sa programmation d’expositions, d’installations et de performances à ce domaine de la création artistique. 
 
Le collectif Visual System est au rendez-vous de cette programmation. « Nous nous réjouissons de cette collaboration avec Visual System » précise la direction de l’Atomium. Et de continuer : « Par leur maitrise technique et la poésie de leurs propositions artistiques, leurs créations rencontrent nos aspirations et les attentes de nos différents publics. Leur passion et leur engouement pour ce bâtiment en font un terrain de créativité propice à l’expérimentation et au développement de projets forts et singuliers qui marquent notre programmation ».

Pour cette édition, Visual System conçoit RESTART, une exposition temporaire, et CENTRALE, une installation pérenne. Des bancs sculptures complètent ces créations en offrant aux publics une assise qui participe à l’expérience contemplative. Visual System donne ainsi vie à une œuvre totale qui plonge le visiteur au cœur d’un parcours aussi spectaculaire qu’hypnotique. Une invitation à explorer, à s’abandonner et à vivre une expérience intense. En créant ce moment intime, Visual System poétise la lumière, le son et l’architecture à partir d'une narration abstraite et d’une émotion pure.

Informations pratiques :

 

Sur le site de l'Atomium

 

mercredi 29 mars 2023

Chez blan, Stephan Balleux présente Artificialia

Pour marquer la naissance de blan, fondation dédiée à l’art contemporain à Bruxelles, son fondateur Thomas de Wouters donne carte blanche à Stephan Balleux. 

L’artiste pluridisciplinaire de renommée internationale y présente Artificialia, jusqu'au 1er juillet 2023. Stephan Balleux investit l’ensemble de la fondation, des alcôves du sous-sol aux étages de l’hôtel de maître. Le jardin suspendu, situé entre l’hôtel et le cube qui le surplombe, accueillera une œuvre de très grand format de l’artiste, visible depuis le boulevard Général Jacques. 

Le visiteur parcourt un univers fantasmagorique où des œuvres plus anciennes côtoient des créations inédites de l’artiste plasticien. Ces dernières sont largement majoritaires : sculptures trouvées retravaillées par l’artiste, peintures à l’huile, à l’aquarelle, sur cuivre ou bois, photographies surpeintes, plaque de marbre gravée et œuvres de petits formats sous vitrines qui feront partie de ces pièces soit méconnues soit inconnues du public. 

Stephan Balleux présente ainsi une œuvre globale dynamique et fluide imaginée telle un cabinet de curiosités, auquel fait référence le titre de l’exposition Artificialia. En effet, Artificialia est le nom donné aux collections réunies d’objets et oeuvres d’arts conçues, fabriquées ou modifiés par l’humain. Avec cet événement majeur, Stephan Balleux a bien l’intention d’inciter à l’étonnement, la découverte et la surprise du spectateur. 

"Donner carte blanche totale à un artiste pour son exposition inaugurale se veut un premier acte fort et engagé de la toute nouvelle fondation blan". 

Expressions diverses 

Stephan Balleux (°1974) – Le travail artistique multidisciplinaire de Stephan Balleux, dans la diversité de ses expressions (peinture, dessin, vidéo d'animation, sculpture…), s’apparente à une quête interrogative sur l’essence et le sens de la pratique picturale. Son travail explore les techniques d’illusion que permet l’image pour interroger les modes de perception chez l’humain, en créant des compositions visuelles qui défient les attentes de l'observateur. L’élément récurrent de son travail est la fluidité des matières naturelles et artificielles, mais il utilise également des références historiques (histoire générale et de l’art) et culturelles (principalement zoologie, cinématographie, anthropologie et littérature) pour donner une profondeur supplémentaire à ses œuvres, une interrogation constante envers la condition humaine.


 

jeudi 16 mars 2023

Au Z33 à Hasselt, l'eau au coeur de l'exposition

 

Trage Waterwegen JuulPrinsen
Dès le 1er avril, Z33, La Maison d'Art Actuel, Design et Architecture à Hasselt, présente trois nouvelles expositions autour d'un thème central : l'eau. Les expositions Healing Water, River of Rebirth et FORMAT 2023: Water expeditions interprètent chacune ce thème d'une manière originale.
 
Dans son nouvel espace d'expositions, qui a ouvert ses portes en mai 2020 et a notamment gagné le Prix italien de l'Architecture en 2020, Z33 opte pour un printemps autour de l'eau sous toutes ses formes. Les trois expositions offrent un regard sur l'eau comme source de culture, inspiration et vie.
 

River of Rebirth (01.04.23 – 27.08.23)

L'exposition River of Rebirth présente l'eau comme une source de culture et d'histoires relatives à la création et à la destruction, à la vie et à la mort. Depuis toujours, les rivières constituent des sources d'histoires. Dans cette exposition, le mouvement permanent de l’eau représente à la fois l'infini et l'éphémère.
 
Ces dernières années, nous sommes de plus en plus souvent confronté.e.s à la grande puissance et à l'imprédictibilité de l'eau. Avoir conscience que l'eau était présente avant l'humain et le sera toujours après sa disparition nous pousse à l’humilité. River of Rebirth transmet néanmoins un message d’espoir : il n'est pas trop tard pour nous reconnecter à l’eau.
 

Healing Water (01.04.23 – 20.08.23)

Dans l'exposition Healing Water, l'accent est mis sur le pouvoir curatif de l'eau. En effet, l'eau est utilisée dans de nombreuses pratiques thérapeutiques dans le monde entier. Source de vie essentielle, elle nous offre également le repos et le calme, en plus de contribuer à une bonne santé mentale. Les artistes et designers - notamment Sep Verboom (BE), Juul Hagemeier (NL), Nanno Simonis (NL) – jouent sur ces caractéristiques remarquables et créent de nouveaux rituels, des installations de tranquillité, des objets porteurs de sens, des projets curatifs.
 

Pepe Valenti - installation shot

FORMAT 2023: Water expeditions (01.04.23 – 20.08.23)

Avec FORMAT, des designers et architectes récemment diplômés, sélectionnés par le biais d’un appel à candidatures, auront l’opportunité de montrer leur pratique artistique à l’occasion d’une exposition collective. FORMAT 2023 sera organisée pour la première fois autour un thème commun. Les sept lauréats étudieront nos interactions quotidiennes avec l'eau à travers leur propre point de vue. Rejoignez-les à la découverte de nouveaux mondes aquatiques qui explorent et repensent notre rapport à l'eau.
 

Kunst aan de Maas (Art-sur-Meuse) en 2023

Après le Tree of Life de Mark Dion à Herbricht et les œuvres temporaires de Benjamin Verdonck, Olivier Goethals et Maarten Inghels, plusieurs nouvelles œuvres d'art seront réalisées dans la vallée limbourgeoise de la Meuse pendant l'été 2023.

de Levensboom van Mark Dion-13

 Plus d'informations ici

mercredi 15 mars 2023

Rapport au culte, ) à la mémoire... Sub Terra interroge

Giovanni Cioni, In Purgatorio (extraitfragment), 2009
 

Jusqu'au 14 mai, à la Maison des Arts (Schaerbeek), l'exposition Sub terra questionne notre rapport au culte, à la mémoire et aux ressources naturelles à travers une sélection d'œuvres singulières, dont des créations in situ. Sculpture, céramique, photographie ou vidéo, l’exposition rassemble une dizaine d’artistes internationaux aux pratiques variées, des plus ancestrales au plus contemporaines.

Des frigos funèbres de la belge Carole Louis (Réserves) aux vanités organiques du français Loup Lejeune (Plasma), du non-lieu de gravats de Marie Sommer (Teufelsberg) à l’étendard de pétrole du russe Andrei Molodkin (Drapeau européen), jusqu’aux étranges totems de la sénégalaise Seni Awa Camara (Asék di si fool/Femme aux grenouilles) ou aux entrelacs de racines de Diana Scherer (Hyper rhizome), Sub terra exhume tant nos rites funéraires - religieux ou profanes - que le dialogue des vivants à la temporalité et à l’environnement.

Marie Sommer, Teufelsberg,2010


Sub terra est une proposition de l’artiste plasticienne et performeuse Lola Meotti, portée par l’ambition de traverser les cultures, les époques et les continents pour conjuguer au présent l’expérience de la mémoire.

À travers cette exposition, la Maison des Arts déclare "contribuer au décloisonnement des disciplines et au rayonnement d’artistes confirmés ou émergents dans le domaine de la création contemporaine."

Les artistes exposés : SEYNI AWA CAMARA, SIGALIT LANDAU, LUCIEN PELEN, MARIE SOMMER, GIOVANNI CIONI, CORINE BORGNET, TATIANA BOHM, MAARTEN VANDEN EYNDE, ANDREI MOLODKIN, LOUP LEJEUNE, CAROLE LOUIS, DIANA SCHERER

Informations pratiques : ici

Giovanni-Cioni_-In-Purgatorio-_extraitfragment__-2009


vendredi 10 mars 2023

A Liège, hommage à Georges Simenon

 

c-sanjiro minamikawa -c-simenon-tm-collection fonds georges simenon uliege

 
2023 marque les 120 ans de la naissance de Georges Simenon, le romancier de langue française le plus vendu, traduit et adapté du vingtième siècle. Sa ville natale, Liège, entend célébrer cet événement. Pendant quatre jours, jusqu'au 11 mars 2023, la Cité Ardente lui rend hommage avec une toute nouvelle initiative, un festival, Le Printemps Simenon. Ce dernier a pour ambition de faire découvrir et redécouvrir l’œuvre de Simenon au travers d’expositions, de rencontres littéraires, de projections cinéma, de conférences et d’une balade thématique. À son initiative, John Simenon, par l’intermédiaire de sa société Simenon.tm et l’Université de Liège, en étroite collaboration avec la Ville de Liège. La grande majorité des événements inscrits au programme sont gratuits et accessibles sans réservation. Ils s’adressent à tous les publics et privilégient la convivialité et le plaisir de la rencontre et de l’échange. 
 
Cet hommage ne se limitera pas à ces quelques journées car des expositions perdureront encore quelques temps et un nouveau parcours "Simenon" est proposé notamment en Outremeuse.
 
Quelques temps forts du programme :

DES EXPOSITIONS
 

SIMENON. IMAGES D’UN MONDE EN CRISE

 
expo photos Simenon Grand Curtius

Entre 1931 et 1935, Georges Simenon a voyagé à travers le monde et en a rapporté des reportages, des romans et, on le sait moins, des milliers de photographies, souvent de très grande qualité. C’est une sélection de celles-ci qui est présentée au Grand Curtius, au gré d’un parcours qui pose la question suivante : que nous dit Simenon photographe de Simenon romancier et reporter ? Comment chez lui l’image complète-t-elle ou éclaire-t-elle le travail d’écriture ?

Les motivations de Simenon pour voyager étaient en effet multiples : voir le monde, « vivre toutes les vies », découvrir, derrière la diversité des lieux et des coutumes, ce qu’il appellera plus tard « l’homme nu ». Ce que laissent pourtant apparaître ces clichés, c’est l’inquiétude d’un regard, hanté par le souvenir de la Première Guerre et habité par la crainte de la suivante : effets dévastateurs de la grande crise, rencontre brutale de la modernité triomphante et des modes de vie traditionnels, images obsédantes des grandes migrations,…

Ces photographies donnent donc à voir un Simenon immergé dans son époque et observateur de l’Histoire en marche, tout en fournissant le décor vrai de certains de ses plus grands romans tels que Le Coup de lune, Les Gens d’en face, Les Clients d’Avrenos ou Quartier nègre. Mais le Simenon qui fixe ainsi sur la pellicule les images d’un monde voué à disparaître dans le cataclysme de la Seconde Guerre mondiale prépare aussi son œuvre romanesque de l’après-guerre en se lançant « à la recherche de l’homme nu », c'est-à-dire d’un homme de partout et de nulle part, tel qu’il apparaît une fois débarrassé de ses attributs de rang, de caste ou de race, seul horizon de réconciliation possible dans ce monde en crise.
 
Elle est accueillie par le Musée Grand Curtius,  Féronstrée, 136
Jusqu'au 27 août 2023

 
SIMENON, DU ROMAN DUR À LA BANDE DESSINÉE
 

 
 
Exposition inédite aux Fonds patrimoniaux des planches de Christian Cailleaux pour son adaptation, avec José-Louis Bocquet, du roman dur Le Passager du Polarlys ainsi que des planches de Jacques de Loustal pour le biopic Simenon, l’Ostrogoth scénarisé par José-Louis Bocquet, Jean-Luc Fromental et John Simenon. Les deux ouvrages paraitront respectivement en mai et en octobre 2023 aux éditions Dargaud.
En complément à cette présentation en avant-première, les Fonds patrimoniaux exposent une sélection de publications, pièces et documents issus des collections illustrant dans les grandes lignes les liens entre Simenon et Liège, diverses activités culturelles et littéraires, différents supports de publication.
 
Fonds patrimoniaux
Ilot St Georges
Jusqu'au 12 mai 2023


Nouveau parcours Simenon

Sur les traces de Simenon
 
statue Simenon, place saint-lambert, parcours Simenon c-photo-olivier-bourgi

 

 Le Parcours Simenon retrace la jeunesse de Simenon à Liège et plus particulièrement en Outremeuse. Inauguré en 1983 et rénové en 2003, il a fait l’objet d’une nouvelle modernisation en 2023 : révision du tracé et des plaques signalétiques, création d’une application pour smartphone, mise à neuf de la Caque… Il proposera dès le 11 mars une série de contenus inédits, parmi lesquels des photos d’époque, des enregistrements audios d’extraits de Simenon, ou encore une expérience en réalité augmentée.
 
 

dimanche 4 décembre 2022

A Liège, les collections d'art de la famille Rothschild

 
 Paul Cézanne (Aix-en-Provence, 1839-1906) Les Baigneurs, 1890 Huile sur toile, 43 x 53 cm Collection particulière 
© 2022, Gérald Micheels

Jusqu'au 26 février 2023, le musée de La Boverie présente l’exposition “Collectionneuses Rothschild. Mécènes et donatrices d’exception”. 

Conçue en partenariat avec le musée du Louvre, elle emmène le visiteur dans l’univers de la famille Rothschild, et plus particulièrement dans les collections de certaines femmes de la branche familiale française. Renouvelant un partenariat initié en 2016 avec le musée du Louvre (En plein air en 2016 et Viva Roma! en 2018), La Boverie inaugure avec cette exposition la thématique 2022-2023 sur les collections.
 
Depuis le 19e siècle, la famille Rothschild est légendaire dans l’histoire de nos sociétés. Cette dynastie est devenue au fil du temps synonyme de réussite dans le monde de la finance, mais aussi de richesse intellectuelle et artistique. Un nom incontournable, connu de tous. Pourtant, derrière ce nom de famille se cache des personnalités méconnues et un patrimoine insoupçonné. Proposant un point de vue inédit, cette exposition mettra en lumière des femmes de la famille à la personnalité singulière.

Portrait de Charlotte de Rothschild
Ary Scheffer (Dordrecht, 1795 – Argenteuil, 1858) Portrait de la baronne Nathaniel de Rothschild
Huile sur toile, 93,5 x 128 cm Collection particulière © 2022, Gaëlle Deleflie
 

Ignorées par l’histoire de l’art, ces femmes ont été des collectionneuses, bâtisseuses, mécènes et héritières, qui ont contribué d’une manière significative à l’enrichissement du patrimoine historique et des collections des musées français par leurs dons et legs considérables. Sur un parcours de plus de 2 000 m², l’exposition retracera le goût et la personnalité de neuf femmes d’exception. Parfois très indépendantes, parfois dans l’ombre de leur mari, elles ont joué un rôle important dans l’histoire de l’art, l’histoire, la société et même dans la vie des artistes de leur époque.
 

Maître de la nativité de Castello
Maitre de la Nativité de Castello La Vierge et l’Enfant au chardonneret, vers 1455-1460 Tempera sur bois, 80 x 51 cm Paris, musée du Louvre (inv. RF 1264)
© 2019 RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / René-Gabriel Ojeda
 

À travers une sélection de plus de 350 œuvres issues d’une quarantaine d’institutions et de collections privées françaises, l’exposition proposera un parcours constitué d’œuvres de toutes époques et tous horizons. Le visiteur rencontrera de grands artistes, tels que Fragonard, Chardin, Delacroix, Cézanne, Claudel, Rodin, Egon Schiele, Calder, mais aussi des tableaux de la Renaissance italienne, des collections de bijoux et de porcelaines, ou encore des objets d’art africain et d’Extrême-Orient. Autant d’œuvres d’art qui témoignent de l’histoire du goût et du collectionnisme au fil des 19e et 20e siècles.

vendredi 14 octobre 2022

A Bruxelles, estampes modernes du Japon


 L’exposition « Shin hanga. Les estampes modernes du Japon 1900-1960 », qui se déroule jusqu'au 15 janvier 2023 au Musée Art & Histoire de Bruxelles, présente pas moins de 220 estampes japonaises provenant de deux collections privées des Pays-Bas, ainsi que des croquis, épreuves et estampes provenant de la collection du petit-fils de l’éditeur Watanabe. Ces œuvres sont complétées par un choix d’estampes shin hanga de la riche collection du Musée Art & Histoire.

 
Le mouvement Shin hanga (littéralement : « nouvelle estampe ») est un mouvement de renouveau de l’estampe traditionnelle (ukiyo-e) au début du XXe siècle. L’éditeur Watanabe Shōzaburō (1885-1962), constatant la diminution de la production xylographique due à la concurrence des nouvelles techniques importées telles que la photographie et la lithographie, sera le plus grand promoteur du mouvement. Il rassemblera autour de lui des artistes dont il fit réaliser les dessins selon les techniques traditionnelles de l’impression sur bois.


 
Tout en reprenant les thèmes classiques comme les paysages, les bijin (jolies femmes), les acteurs de kabuki, les fleurs-et-oiseaux, les estampes shin hanga reflètent aussi le Japon qui se modernise et elles séduisent par une nouvelle esthétique et une qualité de production extrêmement soignée. Avec des artistes tels que Kawase Hasui (1883-1957), Itō Shinsui (1898-1972), Ohara Koson (1877-1945), Kasamatsu Shirō (1898-1991) et Komura Settai (1887-1940).


 

mardi 11 octobre 2022

A Bruxelles, le design investit la boutique

FRONT OF THE OKI-NI FLAGSHIP STORE - 2001 - Savile Row, London - 6a architects - © 6a architects

 

Objet de design et d’architecture, tout à la fois lieu d’échange et marqueur social, la boutique tient un rôle central dans notre paysage urbain et dans l’histoire de nos pratiques commerciales. Jusqu'au 5 mars 2023, au Design Museum Brussels, l’exposition "On Display. Quand le design investit la boutique" offre un regard sur ces lieux de séduction nichés au cœur de notre patrimoine et de notre culture, entre « expérience shopping » et laboratoire d’innovations.

Vitrine et vecteur de modernité, l’espace de la vente interpelle les architectes et les designers, depuis les premières boutiques bourgeoises du début du 19e siècle jusqu’au développement du design global, du consumérisme et de l’émergence du retail design au cours du 20e siècle.

La boutique d’hier et d’aujourd’hui offre un terrain d’expérimentation pour les designers et les architectes : des premières recherches formelles d’Adolf Loos aux réalisations de Marc Newson en passant par la recherche d’une identité globale avec l’enseigne AEG et les mythiques boutiques Olivetti.
 

INTERIOR VIEWS OF THE W. & L.T, WILD AND LETHAL TRASH SHOP – 1998 - B-bis architecten and Marc Newson (1963) - © Daniel Nicolas



Interrogeant l’évolution de nos esthétiques et de nos pratiques d’échanges, l’exposition On Display retrace à travers le concept de boutique, l’impact du design dans notre environnement quotidien.

Mobiliers, documents d’archives, aménagements intérieurs, étalages ou supports publicitaires, la visite de On display témoigne des multiples expérimentations et des concepts de boutiques qui jalonnent l'histoire du design et de l’architecture commerciale. 

(c) Design Museum Brussels


À travers ce focus inédit, emmené par le commissaire Benjamin Stoz, le Design Museum Brussels poursuit son exploration des champs de la création du design et de ses impacts sur notre société et notre vie quotidienne.

INTERIOR VIEWS OF THE W. & L.T, WILD AND LETHAL TRASH SHOP – 1996 - Marc Newson (1963) - © Tom Vack, courtesy of Marc Newson Ltd, 2021

 Le Design Museum Brussels se trouve Place de Belgique 1, 1020 Bruxelles

lundi 10 octobre 2022

A Mariemont, une autre Egypte et une passion éternelle

 


Depuis 2.000 ans, l’Égypte passionne ! Mais pourquoi ? La nouvelle exposition du Domaine et Musée royal de Mariemont explore la fascination exercée par l’Égypte ancienne sur l’imaginaire occidental. Le visiteur n’y trouvera donc pas des antiquités égyptiennes, mais des œuvres de diverses époques qui reflètent les fantasmes générés par la terre des Pharaons.

Réputé pour sa remarquable collection égyptienne (la plus grande de Wallonie et la deuxième plus importante de Belgique !), le Musée royal de Mariemont invite ses publics à la découverte d’une autre Égypte avec sa nouvelle exposition Égypte. Éternelle passion. Cette Égypte revisitée s’étend sur 2000 ans, de l’Antiquité romaine à aujourd’hui, et présente des œuvres à travers lesquelles artistes ou artisans se sont inspirés de l’Égypte ancienne et de ses principaux référents culturels.

Léo Caillard, Ramses hipster, marbre 2021 (c) Léo Caillard
 

Fort de son intérêt pour la réception de l’Antiquité dans la société contemporaine, le Musée royal de Mariemont fait un constat flagrant : l’Égypte ancienne a toujours été au cœur de notre imaginaire ! Elle n’a cessé de nous inspirer, de nous intriguer, de nous passionner, d’interpeller notre propre identité. On la retrouve partout : des œuvres des musées aux jouets pour enfants, des fontaines publiques aux décors d’intérieur, des recueils d’antiquités aux bandes dessinées, des récits de voyage aux photos souvenirs, des créations artistiques aux magazines people, des accessoires de cinéma aux jeux vidéo ! Pourquoi un tel succès ? Et comment se manifeste-t-il en Occident ? Que retenons-nous de la terre des Pharaons ?
 
Le parcours de l’exposition se présente comme un véritable miroir de notre société. L’Egypte ancienne parsème notre quotidien. Nous sommes entourés de « faiseurs d’Égypte » qui véhiculent des idées et des images qui trouvent leurs racines dans la vallée du Nil. Un dieu à tête de chien, des hiéroglyphes, une pyramide ou une momie font « égyptien » dans nos esprits et sont à l’origine des productions parfois surprenantes proposées dans l’exposition.
 

interDuck, artiste Ommo Wille, Buste de la reine Duckfertiti (c) interDuck
 

Depuis l’Isis des Gallo-Romains jusqu’à Rihanna en Néfertiti, en passant par Jean-François Champollion et Raoul Warocqué, l’exposition mêle volontairement les références et les médias qui construisent cette autre Égypte. En passant par un salon, une salle de jeux, une bibliothèque et un jardin, la scénographie montre que la terre des pharaons habite notre quotidien ! L’exposition Égypte. Éternelle passion invite ainsi le visiteur à une introspection : « Qu’avez-vous d’égyptien chez vous ? »

L'exposition se tient jusqu'au 16 avril 2023.

vendredi 16 septembre 2022

Plaisir CD, chronique musicale sur Radio 4910


 

Plaisir CD – Radio 4910

Chronique 03 «  Plaisir CD » du 11 septembre 2022 sur Radio 4910

 

Pour ouvrir cette nouvelle saison, j’ai choisi d’évoquer deux instruments connus. Pourtant s’il s’agit d’écouter un instrument soliste, la majorité des mélomanes ne se tournera pas naturellement vers eux : le luth et la mandoline. Avec deux cds qui figurent dans cette chronique, j’espère les inciter à changer leurs habitudes…

Commençons par le luth et un double CD consacré aux 7 œuvres pour luth écrites par Jean-Sébastien Bach. Il s’agit ici d’une première car l’excellente luthiste Evangelina Mascardi est la première femme à enregistrer l’intégralité de ces magnifiques pièces pour luth de Bach : 16 au total réunies dans des suites, préludes et autres partitas.

C’est extraordinairement beau, au jeu parfait et délicat… Sous les doigts de la luthiste argentine, Bach vit, inspire et captive ! 110 minutes de plaisir qui raviront aussi les guitaristes, nombreux à se frotter à ces œuvres pour luth.

Avant de privilégier une carrière en solo Evangelina Mascardi a joué avec Jordi Savall ou encore Marc Minkowsky. Aujourd’hui, elle s’affirme, de disque en disque et de festival en festival, parmi les luthistes du moment à découvrir. Certains n’hésitant pas à la placer au panthéon des luthistes contemporains.

En vrai, sur scène… Sachez que vous pourrez entendre cette talentueuse luthiste, ce jeudi 15 septembre à 20 heures, lors des Nuits de Septembre à Liège.

Pour l’heure, écoutons Evangelina Mascardi dans une Bourrée, bien connue, extraite de la suite en mi mineur.

 

Après Bach, Purcell ! Et avec lui une de nos grandes voix belges. Je parle de Céline Scheen qui vit une carrière de chanteuse baroque au niveau international. Elle participe, avec d’autres chanteurs bien entendu, à un CD enregistré par un ensemble dans lequel elle se produit régulièrement et que les mélomanes ont eu le grand bonheur d’applaudir l’an dernier lors de l’Automne musical de Spa : le Banquet céleste de Damien Guillon.

Ce disque est consacré à des Odes écrites par Purcell pour la Ste Cécile, pour l’anniversaire du Roi Jacques II ou celui de la Reine Marie, pour souhaiter la bienvenue à la Royauté ou encore un mariage royal, la fête du Yorkshire… Ces odes de cour étaient un genre véritablement anglais, sans équivalent en France ou en Italie. Damien Guillon et son ensemble nous plonge dans les fastes et le cérémonial de la Royauté anglaise.

Ecoutons une de ses odes dans laquelle les voix de Damien Guillon, Céline Scheen et Suzanne Jerosme se marient.

 

Depuis quelques années, l’intérêt pour la mandoline ne cesse de croître. Les albums se suivent et avec eux, des interprètes de haut niveau… L’album que je vous présente maintenant : « Mandolin on stage » pourrait constituer une référence pour le monde actuel de la mandoline. Musicien de grande qualité, chercheur passionné pour son instrument, l’italien Raffaele La Ragione offre un disque exceptionnel, balayant avec Vivaldi, Lecce, Haydn, Paiesello, Hummel et Galuppi, un siècle d’histoire de la mandoline. Faisant preuve de musicalité et de virtuosité, le mandoliniste napolitain offre quatre concertos qui ont marqué l’histoire de la mandoline. Qui plus est, fort de ses recherches, il a choisi de jouer sur trois instruments différents : mandolines à six ou quatre chœurs (dont une datant de 1770) pour, affirme-t-il, « tenter une écoute aussi proche que possible de la nature des morceaux choisis ». Avec l’ensemble Pomo d’Oro dirigé par Francesco Corti, Raffaele La Ragione assure ce magnifique programme de l’âge d’or de la mandoline avec brio et dynamisme.

Terminons cette chronique en les écoutant dans un Rondo de Johann Hummel.

Du plaisir en CD, profitez-en bien.